SANTÉ ANIMALE : comment protéger son élevage face à la FCO, la MHE et la DNC ?

Fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragique épizootique (MHE), dermatose nodulaire contagieuse (DNC)… Ces dernières années, les virus s’invitent partout en élevage.
Les éleveurs bovins, ovins ou caprins subissent de plein fouet l’arrivée de nouvelles maladies. Animaux bloqués, interdictions de mouvements, salons annulés, vaccins introuvables ou coûteux… Le quotidien des professionnels est lourdement impacté.

Dans ce contexte, Sous Le Hangar a mis autour de la table trois experts pour confronter les idées reçues à la réalité du terrain.
Une chercheuse de l’INRAE, une vétérinaire et un éleveur bio ont été passés au grill, face à 15 affirmations chocs sur la santé animale. Réponses cash, en une minute chrono.

Les grandes maladies sous surveillance : FCO, MHE, DNC

FCO – Fièvre catarrhale ovine

Maladie virale transmise par des moucherons du genre Culicoides, la FCO touche principalement les ruminants. Elle provoque fièvre, troubles respiratoires et peut entraîner des baisses de production importantes.

MHE – Maladie hémorragique épizootique

Proche de la FCO, la MHE s’est invitée brutalement dans plusieurs départements en 2023-2024. Le virus circule entre animaux via les insectes piqueurs. Aucun traitement curatif n’existe, seuls les vaccins permettent de prévenir.

DNC – Dermatose nodulaire contagieuse

Surveillée de près, cette maladie virale cutanée provoque des lésions importantes chez les bovins. Elle est également transmise par des insectes vecteurs.

Toutes ont un point commun : elles modifient profondément les pratiques sanitaires en élevage.
Et face à ces virus, faut-il tout miser sur la vaccination ? Les éleveurs sont-ils prêts ? L’État accompagne-t-il vraiment ?

15 affirmations passées au crible

Dans cette vidéo, trois professionnels débattent sans langue de bois :

  • Pauline Ezanno, cheffe du département santé animale – INRAE
  • Julien Bahuon, éleveur bovins bio (Mayenne) – @sainteloipassionelevage
  • Caroline Oulhen, vétérinaire consultante – “Un seul bien-être”

💊 Les alternatives aux antibiotiques sont-elles prêtes ?

Pas totalement. Plantes, compléments, outils de détection précoce : des solutions existent, mais doivent encore être mieux intégrées dans les pratiques.

🧬 La génétique, une solution miracle ?

La sélection d’animaux plus robustes face aux maladies progresse. Mais c’est un levier de long terme, qui ne remplace ni les vaccins ni la biosécurité.

💉 La vaccination est-elle la clé ?

Oui, mais elle reste chère, peu pratique et parfois mal ciblée. De nombreux éleveurs réclament des vaccins plus accessibles, avec des protocoles plus simples.

🦟 Les insectes piqueurs, vecteurs de crise

Le changement climatique amplifie le risque. L’essor des moucherons, moustiques et autres insectes porteurs de virus impose de nouvelles stratégies de prévention, y compris sans insecticides.

Surveillance, prévention, biosécurité : où en est-on ?

Des efforts déjà massifs côté éleveurs…

Les éleveurs investissent dans la prévention : confort des animaux, gestion du stress, alimentation adaptée, vaccination, suivi vétérinaire, barrières sanitaires…
Mais le quotidien reste chargé, les imprévus nombreux, et le temps manque pour tout surveiller.

… mais encore des marges de progrès

Tous les intervenants le reconnaissent : on peut encore mieux cibler les actions. Certains troupeaux sont plus exposés, certaines maladies plus virulentes.
👉 Objectif : prioriser les bonnes actions au bon moment, et éviter les efforts “perdus”.

Données de santé animale : un levier sous-exploité

Les données existent (température, comportement, historique de traitements, diagnostics…), mais elles sont souvent éparpillées.
Leur partage entre vétérinaires, chercheurs, éleveurs, conseillers ou acteurs institutionnels pourrait permettre des avancées majeures.

INRAE insiste sur l’importance de créer des modèles prédictifs solides, capables d’alerter les éleveurs avant même les premiers symptômes cliniques.

Le message des pros : soyons réalistes, mais ambitieux

  • ✅ Oui, on soigne mieux.
  • ❌ Non, on ne peut pas tout prévenir ni tout anticiper.
  • 🔁 Il faut concilier techniques traditionnelles, outils de détection, accompagnement humain, et investissement en recherche.

“L’image de la filière, c’est bien… mais le quotidien des éleveurs, c’est mieux.”
— Julien Bahuon, éleveur

En conclusion : une filière en mouvement face aux épidémies

Entre bio, élevage conventionnel, vétérinaires, chercheurs ou pouvoirs publics, les approches évoluent.
Mais une chose est sûre : les épidémies sont désormais la norme.
Face à cette réalité, il faudra continuer à adapter les pratiques, renforcer la coopération et soutenir ceux qui agissent sur le terrain.

📌 Pour en savoir plus :
Le dossier complet INRAE – Santé des élevages